Ce projet s’inscrit dans une dynamique forte, et une temporalité précise, celle du programme Phare et de la revalorisation de la Halle J1. Il accompagne la transformation du Grand Port Maritime de Marseille, et participe à l’écriture d’une nouvelle façade maritime, entre les Docks et la Méditerranée. La déconstruction de l’actuelle gare ouvre une opportunité rare : celle de concevoir un équipement portuaire moderne, évolutif, exemplaire.
MAITRE D’OUVRAGE
Grand Port Maritime de Marseille (GPMM)
MAITRE D’OEUVRE MARCIANO :
Architecture / Rémy MARCIANO, Mandataire,
Equipe : Pietro BELLUCCI, Alexandre TEISSERENC
PARTENAIRES :
lamoureux ricciotti, Barbanel, ATEVE , Alpha i-&co, GIA Ingénierie, EODD, IGETECC.
COUT DES TRAVAUX : 4,2 M€
Face aux échelles monumentales du site, les Docks Village, les Terrasses du Port, le Silo, les infrastructures routières et les halles portuaires, notre projet établit un dialogue respectueux, affirmé et contextuel. Il ne cherche pas à dominer, mais à s’inscrire. Il ne s’impose pas, il s’accorde aux gabarits et aux rythmes en présence.
La gare se présente comme un volume unitaire, sobre et méditerranéen, structuré par un portique de piles en pierre structurelles d’une dizaine de mètres de hauteur. Ce portique construit l’espace public, prolonge la promenade urbaine, et ouvre une nouvelle perspective sur la mer. Cette façade poreuse, inspirée du rythme des Docks, filtre les vues, les flux, les lumières. Elle est à la fois rassurante et ouverte, douce et puissante. Elle affirme une présence architecturale lisible et repérable, à la hauteur des enjeux du site. L’entrée, mise en scène par les piles monumentales, cadre le parvis en prolongement de la place Verneuil. Elle réinterprète la clôture portuaire, la repousse, et inscrit la gare dans la trame urbaine existante, tout en respectant les impératifs de sûreté. Côté port, le bâtiment s’abaisse pour mieux accompagner les flux passagers. Un large auvent ceinture cette façade, offrant une protection climatique et une continuité fonctionnelle vers les navettes maritimes. Cette articulation entre monumentalité côté ville et horizontalité côté mer incarne la transition entre deux mondes imbriqués dans une histoire commune.
La gare est pensée comme un outil efficace et accueillant. Le parcours voyageur est entièrement rationalisé : depuis le hall d’entrée, le cheminement se fait de manière linéaire et intuitive à travers une grande rue intérieure en double hauteur. Cette rue devient une colonne vertébrale généreuse, capable d’absorber les pics de fréquentation sans perte de confort. La rue centrale, telle une nef, guide le passager à travers les séquences de contrôle et d’attente. Les guichets, visibles depuis l’espace public, facilitent les corrections de voyage et assurent la connexion directe avec le domaine portuaire et les services de douane. La salle d’attente, largement ouverte sur le port grâce à la structure poteaux-poutres en bois, accueille une aire de jeux pour enfants, une biberonnerie et des sanitaires publics. Les bow-windows creusés entre les piles en pierre deviennent autant de respirations : ils cadrent des vues, offrent des assises côté espace d’attente, et renforcent ainsi la sécurité et le confort d’usage.
Ce portique en pierre porteuse assure l’inertie, la stabilité et la monumentalité côté ville. Le reste du bâtiment repose sur un système poteau-dalle en bois, permettant une grande flexibilité d’aménagement, une rapidité de mise en œuvre et une empreinte carbone réduite. Ce bâtiment est à la fois infrastructure performante et lieu d’accueil digne. Il est un repère fonctionnel et sensible, une porte ouverte sur la Méditerranée.
Ce projet est une réponse aux enjeux du programme, mais il est aussi une proposition contextuelle qui fait sens : celle d’un bâtiment qui relie les territoires, les usages et les imaginaires. Une gare qui ne se contente pas d’organiser les flux, mais qui accueille les départs, les retrouvailles, les attentes. Une gare qui parle à la ville, au port, à l’île. Une gare qui incarne Marseille.